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On pourrait penser qu’il s’agit de sur-place.

J’ai pris la décision de terminer mon pull en cours avant d’envisager tout autre projet-laine et suis butée, décidée comme jamais. Or comment dire, ce fil n’est vraiment pas très agréable à tricoter et les rangs sont longs, longs, longs, au point d’avoir l’impression que le pull ne se monte pas. La motivation s’effiloche peu à peu, et je troque facilement le tricot contre les livres.

Eux, en revanche, fondent à vue d’œil : à ce jour et depuis le dernier billet, j’en ai terminé trois. J’ai promené Des Eclairs de café en café, il a été le liant de ces dernières journées. Celui-ci à peine fermé, j’ai terminé la vingtaine de pages d’Au pays d’Alice que j’avais laissée en suspens. J’ai intercalé dans ces deux lectures la troisième, une lecture à grandes enjambées de Toutes les femmes sont des alien, dernier livre d’Olivia Rosenthal que je vais aller écouter dans ma libraire fétiche début mars.

Chaque livre a son pouvoir propre : celui d’Echenoz est le plus romanesque. On suit la vie de Gregor Tesla, inventeur génial, fou, et floué. Les deux autres donnent une voix, m’ont donné envie de les lire à voix haute, sans que je m’y plie complètement : A voix haute, je lis en marchant, tournicote et me reprend, m’impatiente finalement et me love sur le canapé pour accélérer la manœuvre quand il s’agit de lire Olivia Rosenthal. Me calquant sur la ritournelle de son écriture, je me suis laissé faire, ai vu émerger ses représentations de la femme derrière ses trois récits, sans effort supplémentaire.

Pour Gaëlle Bantegnie, c’est autre chose. Une fois accepté le rythme définitivement plus lent de la lecture à voix haute, j’ai apprécié parce qu’ai senti qu’une nouvelle perception du texte émergeait avec mes déambulations curieuses : j’ai interrogé plus vivement mon propre lien mère-enfants, celui qu’elle expose dans son livre. C’était très libérateur d’avoir sous les yeux une voix qui ne commente pas, qui expose le plus précisément possible les faits et les ressentis. Elle déboulonne beaucoup d’idées reçues sur ce qu’est la maternité, et c’est très apaisant de la lire.

Alors tricot ? Lectures ? On va continuer de lire, en attendant que le soleil redonne – peut-être – à ce pull de l’intérêt, continuer en reprenant deux livres entamés qu’on tentera de mener à leur fin, en pariant encore une fois sur la belle analogie, en imaginant qu’ils me donnent soif d’une fin pour le tricot.

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